Portrait / Portrait

Par Emilie Teillaud / By Emilie Teillaud

"Par ses peintures, par ses œuvres,ses dessins, ses sculptures, Michael prône l’envie d’y croire encore plus. Un panel de couleurs et de richesses intérieures exposées au grand jour pour que chaque instant soit plus vivant, plus coloré,  empreint de grande spiritualité. L’énergie qui se dégage de ses œuvres est à la fois maternante,nourricière,intrigante,parfois rigide et stabilisante. Cette stabilité que l’on cherche et recherche tous, au fil de la vie avec l’envie d’y croire beaucoup plus. Le paraitre devenant alors secondaire. En plongeant dans ses œuvres l’artiste donne une lecture de sa vision de l’Art, de sa façon d’aimer, à la fois droite et sincère, de sa façon d’explorer, de ressentir, de diriger ses émotions vers ce qu’il a le plus envie de recevoir, c’est-à-dire, l’amour. Voulant sans cesse ressentir autant d’amour qu’il en donne. Regarder ses œuvres c’est comme se regarder de l’intérieur, comme comprendre tous nos mondes, nos sphères physiques et  énergétiques. C’est voyager en quelque sorte .... 
© Pierre Téodoresco 

La femme mythe et poème / The woman myth and poem

Par Denys-Louis Colaux / By Denys-Louis Colaux

 

"Les œuvres très singulières et captivantes de Michael Relave ont à voir avec des mythologies imaginaires, vaguement inspirées peut-être par des divinités indiennes, asiatiques, africaines ou australiennes, des dessins alchimiques, des icônes et des images pieuses. Elles s’inventent dans des parentés disparates pour fonder un imagier essentiellement imparti à la célébration de la femme, de la rotondité et de la fécondité. La femme comme délicieux nombril du monde. La femme comme garantie d’un monde vivant et viable. La célébration de la femme radieuse parmi la prolifération de ses outils métaphysiques, splendide au cœur de ses floraisons sublimes de seins ou de fleurs métonymiques du sexe féminin. Mais aussi, l’œuvre, qui chante la fécondité, exalte, dans un bel imagier, paisible et proliférant, les associations d’images et formes phalliques (tours, reptiles), la célébration de l’appariement (couple d’oiseaux superbes) et celle de la fertilité féminine, aérienne, représentée par exemple, par un superbe oiseau femelle portant un enfant à bout de bras. Là aussi, dans le dépassement des frontières, humanité et animalité se conjoignent ou se réconcilient. C’est là que s’origine sans doute cette représentation de la sphinge (créature féminine hybride entre l’être et l’animal, l’aérien et le terrestre) qui présente un arbre de vie devant un crâne, exacerbation de cette idée de la femme qui affirme la vie contre les signes de la mort, la floraison nouvelle par-dessus la décrépitude.
Very singular and fascinating, my works have to do with imaginary mythologies, maybe vaguely inspired by Indian, Asian, African or Australian divinities, alchemical drawings, icons and religious pictures. They meet in disparate relations to create an ensemble of illustrations dedicated to the woman celebration, the roundness and the fecundity. Woman as a delightful center of the world. Woman as a guarantee for an alive and viable world. The celebration of a radiant woman among the proliferation of her metaphysical tools, splendid at the heart of her explosion of magnificent breasts or metonymical flowers of the female sex. Also, the work that sings the fecundity, exalts in a quiet, full and beautiful illustration the association of pictures and the phallic forms (towers, reptiles), the celebration of matching (a pair of splendid birds) and the one of the ethereal female fertility, represented for example by a superb female bird carrying a child. But also, overstepping the boundaries, humanity and animality conjoin and then join back together. It’s where was probably born the representation of the female sphinx (female creature hybrid of the human being and the animal, the aerial and the terrestrial) who offers a tree of life in front of a skull, intensification of the idea of the woman attesting of the power of the life against the death signs, a new blossoming over the decay (…)
 
Dans l’univers de Michael Relave, la femme est le guide, elle incarne la lumière, la chaleur, la sécurité, l’avenir. La femme comme porteuse et prophétesse de vie. La femme encore, comme ange, fantôme, sœur des oiseaux et des fleurs superbes, esprit : de la bouche du poète enlisé dans son rêve jaillit, comme de la lampe d’Aladin, le génie féminin qui entre en vol dans le monde phallique et règne paisiblement, assurément sur lui. Les images se succèdent où la femme est déesse de la nature, enceinte et portant un jeune arbre florissant, développant elle-même un réseau de racines, trouvant d’étranges prolongements sous la forme de merveilleux oiseaux femelles, une femme qui peut être à la fois aquatique et céleste. C’en est fini, chez lui, de cette conception de la femme comme être de terre. Bien sûr, elle reste le terreau de l’humanité, mais elle en est aussi l’astre, le regard, l’étoile, le soleil sans doute, le sang et l’essence.
In Michael’s world, the woman is the guide; she embodies the light, the warmth, the security and the future. The woman is the life’s bearer and prophetess. The woman is also an angel, a ghost, a sister for the birds and the beautiful flowers, a spirit: from the mouth of the poet, himself stuck in his dream, emerges, like in Aladdin’s lamp, the female genie who flies in a phallic world and reigns surely and peacefully on it. Pictures after pictures, the woman is the nature’s goddess, sometimes pregnant or carrying a young flourishing tree or developing a network of roots which become strange beautiful female birds; a woman who could be both aquatic and celestial. For Michael, the conception of the woman as terrestrial being is done. Of course, she stays the fertile ground of the humanity, but she is also the star, the look, the sun without a doubt, the blood and the essence.

 

Dans son univers, l’homme et la femme s’entendent, s’aiment, s’adressent des regards énamourés, entourent le magnifique fruit de leur union, enfant oiseau, ravi parmi les fleurs, les algues et les queues de fauves unies au ballet de la flore. L’œuvre rêve d’une relation poétique à la nature, d’une relation esthète, l’œuvre ranime les vapeurs d’une vision édénique relue à la lumière de la femme. L’œuvre danse sur le thème du règne de la femme.
Il y a là, poétique et poignant, le chant de l’harmonie, quelque chose qui me ramène aux impressions émues que j’éprouvais en lisant le Cantique des Cantiques. Plus loin, des floralies luxuriantes, sous la main ouverte et nantie d’un œil d’une divinité féminine, jouent le grand ballet nuptial du phallique et du sinusoïdal sous la bienveillante sauvegarde de la femme. La cosmogonie humaine est revue et corrigée : son système tourne autour d’un soleil féminin.
Il y a dans cette œuvre une ouverture culturelle au monde, à la diversité, à l’histoire, à une dimension spirituelle et poétique. Il s’agit d’un univers plein, rempli, prolifique et, pour l’attester, l’œuvre occupe l’espace, la sature de présence. Il y a là comme l’aspiration à un monde sans trou, sans gouffre, un monde comblé. Quand les couleurs se font une place dans l’œuvre, elles sont à la fête, elles chantent, elles s’affirment dans la vivacité, la luminosité et la joie et elles reflètent aussi cette double dimension du charnel et du céleste. Ces couleurs rallument en moi le souvenir du kaléidoscope de l’enfance et de ces essaims de lumières vives qui tournoyaient miraculeusement au fond de mon œil. Ces créations ont un hiératisme sacré en même temps qu’une grâce ondulante et arrondie, elles semblent issues de très loin dans le passé et sont pourtant d’une jeunesse et d’une fraîcheur touchantes, elles opèrent une fusion envoûtante entre le profane et le sacré, l’ancien et le récent, le proche et le lointain. Comme l’écrivain américain H.P. Lovecraft s’inventait une affreuse et obsédante mythologie de l’innommable, comme lui, avec la même conviction, mais à rebours, Relave fonde une merveilleuse mythologie féminine gouvernant un monde paisible, coloré, parfumé, énamouré, une correction poétique de la trajectoire des astres et des divinités. Naïveté ? Oh, tout doux, même si c’était la candeur, il conviendrait d’admirer la chandelle délicate et multicolore, résolument contemporaine qu’un poète imagine devant le désastre d’un monde mené par des gens sensés, par des hommes savants et catastrophiques. J’aime l’œuvre de Relave. Elle est le beau Réveil, devant un monde pratiquement désaffecté, d’une nostalgie du beau, du doux, du vivant, de l’aimable, de l’équilibré. D’une nostalgie ? Pas vraiment, d’une invention plutôt. Car devant l’échec d’un univers masculin, l’imagier philogyne de l'artiste se fonde dans le vœu supérieur d’un poète inspiré et que je relaie avec affection et estime ! Ce vœu ? Celui d’un monde qui respire et est respirable, qui enchante et est enchanté. Oui, le vœu superbe de réenchanter le monde.
In Michael’s world, the man and the woman get along well, they are in love, they look at each other with love, they surround the beautiful fruit of their union, a bird child, delighted among the flowers, the algae and the animal’s tails. The work dreams of a poetic and esthete relation to the nature; the work revives the fumes of an edenic vision read in the light of the woman. The works dances on the theme of the woman’s reign. There is here the poetic and poignant harmony’s song, something that brings me back to the moved feelings I had when I was reading the Song of Songs. Further, flourishing floralies, under the open hand with the eye of a feminine divinity, are playing the courtship ballet of the phallic and sinusoidal under the kindly protection of the woman. The human cosmogony is reviewed and updated: its system moves around a feminine sun. This works shows the cultural openness to the world, to the diversity, to the cosmogony history, to a spiritual and poetic dimension. It is question of a full, filled and prolific universe, and to confirm that, the work occupies all the space, saturates it with presence. There is here like the aspiration for a world without hole, without abyss, a filled world. When the colors create a place for themselves in the work, they sing, they assert themselves in the vivacity, the light and the joy and they reflect also the double dimension of the carnal and celestial. These colors rekindle the souvenir of a childhood’s kaleidoscope and its swarms of bright light which whirled miraculously on the back of my eye. These creations are in the same time in a sacred hieratic pose and in a swaying and round grace. They seems coming from far away in the past and are however in the full flower of touching youth and freshness; they do a bewitching fusion between the profane and the sacred, the old and the new, the near and the far. As the American writer H.P Lovecraft created an awful and haunting mythology of the unspeakable, with the same conviction, but in the opposite, Relave creates a marvelous feminine mythology that rules a quiet, colorful, perfumed, enamored world, like a poetic correction of the stars and divinities’ path. Naivety? Oh! Easy now! Even if it is ingenuousness, we have to admire the delicate and multicolored candle, resolutely contemporary that a poet imagines in front of the disaster of a world leading by smart people, by clever and catastrophic men. I like Relave’s work. It is the beautiful awakening, in front of an almost deserted world, of a nostalgia of the beautiful, the sweet, the lively, the kind and the balanced. Nostalgia? Not really, but an invention instead. Faced to the failure of a male universe, the philogynic illustrations of the artist melts into the superior wish of an inspired poet that I relay with affection and esteem! This wish? A world that breathes and that is breathable, that enchants and that is enchanted. Yes, the splendid wish to reenchant the world.